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Casse-Noisette

Entrons dans un univers féerique de merveilles et de chimères… Le monde que nous offre Jeroen Verbruggen, soliste virtuose des Ballets de Monte-Carlo et chorégraphe à l’imaginaire fertile. Sa vision originale de Casse-Noisette, chef d’oeuvre créé en 1892 par Marius Petipa sur une musique de Tchaïkovski, est portée par la danse exubérante, joyeuse, lyrique et tendre des danseurs du Ballet du Grand Théâtre de Genève.

Magnifiques dans la précision, l’élan et l’unisson, les danseurs évoluent dans un univers baroque au fil d’un récit mené tambour battant. Soli, duos et scènes d’ensemble se succèdent, insufflant une vision spectaculaire et racée de ce ballet-féerie en deux actes et trois tableaux. Le décor participe à la fête, comme un protagoniste plein de malice : boîte à secrets, miroirs ouverts, lustre de cristal garni de coupes de champagne…

Jeroen Verbruggen choisit de porter son regard sur Marie, une jeune fille intriguée par sa féminité et Drosselmeyer, un «Monsieur loyal » qui cache en lui le prince que Marie doit libérer. Par sa danse virevoltante et virtuose, il nous transporte au pays des merveilles d’Alice, dans un monde onirique irisé et tourbillonnant. Sous nos yeux grands ouverts les personnages se démultiplient, les teintes sombres et chatoyantes se succèdent tandis que l’insouciance et la frivolité se font reines pour interpeller nos âmes d’enfant.

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Tetris

représentations scolaires
• JEUDI 12 AVRIL À 10H ET À 14H
• VENDREDI 13 AVRIL À 10H

Résister le plus longtemps à la chute… Voici la règle d’or du jeu vidéo le plus populaire de la planète, Tetris. On y assemble harmonieusement des formes géométriques de tailles diverses tombant sur des lignes verticales. Inspiré par ce jeu vidéo, les danseurs du Ballet National de Marseille et du BNMNEXT explorent la relation à l’autre et le large éventail de connections possibles. Ici, pas de blocs colorés sur un écran, mais des stratégies du corps élaborées dans la légèreté du jeu : ils glissent les uns sur les autres, s’emboîtent, s’alignent, s’imbriquent et forment d’invraisemblables pyramides qui défient les lois de la gravité. 

En matière de combinaisons humaines, l’imagination du chorégraphe Erik Kaiel semble sans limites, démontrant qu’il existe mille et une façons d’occuper l’espace. Entre ordre, chaos et combinaisons infinies, les corps et les couleurs s’assemblent. Dans cette pièce extrêmement physique, ludique et d’une inventivité pleine de fantaisie, il illustre la façon dont un groupe se constitue et construit son propre langage. Salué par un enthousiasme partagé dans le monde entier et par le prix du festival IPAY (International Performing Arts for Youth) à Montréal, Tetris nous rappelle que depuis la nuit des temps le jeu est un outil précieux pour susciter la rencontre des humains et le tissage de leurs liens.

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De(s)génération

Peace, unity, love and having fun !
En mettant en scène sa nouvelle pièce chorégraphique, Amala Dianor pose d’emblée son désir d’utopie à contre courant de la morosité ambiante : la joie, la performance, l’insouciance et l’insolence tissent de concert la trame de son hymne joyeux à la culture hip hop.

Après s’être distingué avec une force d’impact toujours aiguisée en tant qu’interprète dans les spectacles d’Abou Lagraa, de Farid Berki et d’Emmanuel Gat, il revient aujourd’hui sur son histoire du hip hop en s’entourant de six danseurs emblématiques du genre. Avec une équipe de trois générations de danseurs de haut vol, Amala Dianor explore l’évolution du style et la transmission transgénérationnelle. Entre ceux qui ont fait leur classe sur le bitume et les jeunes accros aux « démos de YouTube», les savoirs se croisent et établissent une nouvelle mémoire du mouvement.

Avec une belle générosité, De(s)génération lance un défi à la dégénérescence qui nous guette. Pour Amala Dianor, l’exigence est posée : préserver la culture du challenge et le goût de la performance du hip-hop, mais aussi son pur plaisir de danser ! Une réjouissante fête des corps et des personnalités qui en appelle à la bienveillance et à la solidarité entre individus, hommes et femmes, quels que soient les générations.

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Cellule

Une femme. Un corps, une énergie, une ombre, une lumière. Dans un espace confiné semblable à une cellule, un être survit, questionne et se rencontre en s’évadant par sa propre chair. Nach Van chorégraphie son propre solo pour nous transmettre sa vision de ce qui l’accompagne depuis de nombreuses années : le Krump, cette danse née dans les rues de Los Angeles au début des années 90.

En écho au Duende espagnol, cette danse urbaine très codifiée en appelle à l’expression des états intérieurs : être sincère et écouter le corps, recueillir l’intention qui le traverse, accepter la peur, la puissance, la possession et l’ivresse.

Nourrie de son expérience de danseuse auprès du chorégraphe Heddy Maalem (accueilli en 2015 avec Éloge du puissant royaume), Nach explore dans ce langage élaboré les énergies féroces du désir, de l’excès, de la souffrance, de la peur et de la jouissance. Dans l’éphémère de ses mouvements impulsés, comme pour fixer le présent et le faire vivre dans son corps, elle immortalise des instants de vie d’une grande puissance, entre prouesse physique et présence subtile.

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« Dresse-le pour moi »

Sur scène, deux corps masculins. L’un est mince, svelte et élancé tandis que l’autre est musclé, charpenté et robuste. Tous deux sont unis par une même gestuelle composée de stéréotypes de la masculinité, signant la mise en corps virile de valeurs comme la force, la puissance et la performance.

La chorégraphe, danseuse et comédienne libanaise Nancy Naous, déjà accueillie à Saint-Nazaire dans le cadre du temps fort consacré à Beyrouth, explore ici la construction du corps masculin dans le monde arabe. Marquée dès l’enfance par la glorification de son unique frère considéré comme l’hommeavenir de la maison, un foyer où un fils équivaut à trois filles, elle revisite son histoire et nous interroge… Que signifie d’être un homme ?

Nancy Naous puise aussi dans ses origines pour chorégraphier une danse inspirée de la culture arabe, notamment de la Dabké, de la danse Baladi et les différentes traditions (ou rites de passage) qui marquent la vie d’un garçon, comme un prolongement de la danse de combat et de lutte initiée par les deux hommes. Dans « Dresse- le pour moi », le corps masculin est vécu comme un enrichissement ou une déchirure : contraint ou volontaire, réel ou fantasmé, caché ou exposé, déguisé, travesti, clandestin… Il est, nous dit-elle, à réinventer.

Dans le cadre de la résidence de création de ce spectacle au Théâtre, Nancy Naous présentera une répétition publique de «Dresse-le pour moi » mardi 24 octobre à 19h.

(NDLR : « Dresse-le pour moi » est la traduction littérale d’une prière. Quand un jeune garçon n’avance pas sur le droit chemin, son père implore le seigneur et prie en disant : « Dieu, tu sais que je me suis efforcé à éduquer mon fils ; j’y ai échoué. Dieu, dresse-le pour moi. »)

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OSCYL

Quatorze formes issues de deux peuples composent un paysage. D’une part, les humains aux morphologies plurielles. De l’autre, sept sculptures biomorphiques à hauteur d’hommes, nommées les Oscyls pour leur capacité d’oscillation et inspirées d’une œuvre de Jean Hans Arp.

Par la danse, les hommes tentent d’établir un contact avec ces créatures d’un autre genre. Comme un nouveau langage, chaque approche, chaque toucher appelle une réaction chez les Oscyls et entame le dialogue. Ces présences intrigantes entraînent alors une mise en jeu des corps allant de la grande délicatesse à l’ivresse jubilatoire. Si l’homme est généreux et leur offre son souffle, alors ils basculent, arpentent et tourbillonnent. Parfois, ils déjouent son mouvement, parfois ils le prolongent. Une fois lancés, ils témoignent toujours devant nos yeux d’une étrange autonomie. Sont-ils des pantins abstraits, des culbutos géants, des miroirs ou des alter-égo ?

Accueillis pour Waves en 2016 et Just to dance en 2011, les chorégraphes Héla Fattoumi et Éric Lamoureux poursuivent leur recherche sur l’altérité, cette qualité de ce qui est «autre», différent, extérieur à soi. Ils nous ouvrent un espace d’expérience ludique et joyeux, voué à sonder les liens mystérieux et inattendus de la relation à l’autre.