Bigre

Trois voisins, trois appartements, trois vies entrecroisées. Enchaînant maladresses et postures délicates, trois comédiens se livrent à de véritables prouesses. La précision de leur mécanique sans faille n’a qu’un seul but: vous faire rire! On a tous des amis qui ont le don de se fourrer dans des situations improbables. Imaginez maintenant ces amis vivant sur le même palier que d’autres malchanceux de la vie. Cela donnerait Bigre. Sans paroles, comme dans un film muet à la Chaplin, ils échouent et ratent tout ce qu’ils entreprennent. Une jeune femme et son poisson rouge, un accro aux nouvelles technologies et un jeune homme se croisent, les affinités se créent. L’infortune de chacun s’additionne à celle des autres, offrant une partition de gags millimétrés qui défile dans un décor recelant mille et une surprises. Quand la solitude guette, il faut apprendre à vivre ensemble, peu importe si tout se transforme en pagaille générale! Pierre Guillois signe avec succès un mélodrame burlesque qui a affolé la critique et décroché le Molière de la meilleure comédie en 2017. Certains l’ont alors comparé au génie de Mr Bean, à Jérôme Deschamps, ou encore, à un certain Jacques Tati…

Spectacle naturellement accessible aux personnes malentendantes et sourdes.

Tesseract

représentations scolaires
•  MERCREDI 5 ET JEUDI 6 DÉCEMBRE  À 10H
• VENDREDI 7  DÉCEMBRE À 14H

Perché au sommet de cubes, Nacho Flores imagine un numéro d’acrobate vertigineux. Les cubes lui permettent de construire son propre terrain de jeu et son imagination n’a pas de limites. Il se joue de la gravité en tentant des équilibres impossibles. D’abord informaticien, Nacho Flores s’est exercé pendant des années au fil de fer avant d’expérimenter l’équilibre sur cube de bois. Avec Tesseract – nom scientifique pour désigner l’hypercube, soit la quatrième dimension dans les mathématiques et le Temps dans le domaine de la physique – il manipule des centaines de cubes qui deviennent tour à tour, décors, sculptures, accessoires ou partenaires de jeu. Chaque pas est périlleux, mais rien ne l’arrête. Après s’être promené avec humour sur un jeu de domino géant, il se maintient à la cime d’une tour qui menace de s’effondrer à chaque instant. Troublant un peu plus la perception du spectateur, les cubes servent également de support pour des projections vidéo qui permettent à l’artiste de construire un univers saisissant, auquel il ajoute son agilité et son grain de folie. Dans ce décor modulable et instable, le public est littéralement suspendu à ses pas, ébahi par l’audace de cet acrobate.

Spectacle naturellement accessible aux personnes malentendantes et sourdes.

Saigon

Saigon est fait d’allers-retours entre le Vietnam de 1956 et la France de 1996. Dans un décor de restaurant, des personnages nous racontent l’exil et la difficulté de se reconstruire dans un autre pays. C’est une bouleversante fiction documentée que nous livre Caroline Guiela Nguyen avec ses onze comédiens. Dans un grand récit choral regroupant français et vietnamiens, elle nous propose une plongée dans la vie d’expatriés pour nous offrir un spectacle en cinémascope composé d’ellipses. Au sortir de la guerre d’Indochine, certains doivent s’exiler de gré ou de force alors que d’autres reviennent au pays. Ils ont en commun des chansons, des paysages ou une langue, qui pour certains n’existe plus que dans leur mémoire. Le restaurant vietnamien où se déroule l’action agit comme une capsule spatio-temporelle entre Paris et Saigon. On vient y manger, boire, chanter, danser, s’aimer et se souvenir des absents. Le passé a des répercussions sur le présent et les histoires d’amour sont empreintes de nostalgie et parfois de mensonges. Chargée d’histoires, Saigon est une ville qui n’existe plus, aujourd’hui elle agit comme un douloureux fantôme dans la mémoire des personnages qui l’ont habitée. À travers les destins individuels brisés et à jamais exilés, Caroline Guiela Nguyen et les Hommes Approximatifs font entendre la rumeur insistante de ces oubliés, ces invisibles. Salué par la critique et le public lors du Festival d’Avignon en 2017, Saigon est une fresque d’envergure qui nous touche au plus profond.