CARMEN
d’après le livret de Prosper Mérimée / argument, chorégraphie, lumière Antonio Gadès et Carlos Saura
On ne présente plus la Carmen d’Antonio Gadès que le film de Carlos Saura a fait connaître au plus large public. Cette oeuvre magistrale, adaptée de Mérimée et de Bizet avec beaucoup d’intelligence, met en scène quatre personnages : Carmen, Don José, le Mari et le Torero. L’action débute dans un studio de danse. Une trentaine de danseuses et danseurs répètent, sous la direction du maître de ballet, la scène de la manufacture de tabac. C’est là que le drame prend source et s’y développe avec un dépouillement et une brutalité de tragédie antique.
Carmen, l’héroïne ibérique par excellence, ne pouvait qu’inspirer Antonio Gadès. La nouvelle de Mérimée est le fil conducteur de cette version flamboyante créée en 1983, sans plus jamais quitter l’affiche depuis. La représentation qu’en donnent Gadès et Saura est une version dansée. La danse est ici le personnage absolu et, qui dit danse, dit rythme, musique, mouvement. La musique et le chant flamenco se mêlent parfaitement aux pages de Bizet dans cette chronique d’une mort annoncée qui reste l’oeuvre la plus estimée d’un Gadès au sommet de son art.
Trente ans après sa création, la Carmen de Gadès et Saura n’a pas pris une ride. Mythique, symbolique et rassembleur, ce chef d’oeuvre de l’art flamenco n’a rien perdu de sa flamboyance et de son énergie enthousiasmante.- -




