These shoes are made for walking

Dans ces Essais chorégraphiques autour des événements en cours dans le monde arabe, la danseuse et chorégraphe libanaise Nancy Naous explore la résonance des violences dans notre corps : comment se modifie-t-il pour s’adapter aux réalités socio-politiques et interagir avec elles ? L’idée clé de cette performance est d’abord celle du Printemps arabe et ce qui s’en est suivi comme engrenage de violence, de sang versé, de vies fauchées, d’oppression et de barbarie. Mais une autre image est venue s’y greffer : celle des corps se révoltant lors des manifestations comme s’ils dansaient la dabké, danse populaire orientale qui anime fêtes et cérémonies de mariage, symbole du patrimoine folklorique du monde arabe. Sans oublier, le soulèvement des femmes, le harcèlement sexuel durant les manifestations, et aussi la différence, la contradiction et l’abus dans l’usage de l’expression «Au nom de Dieu le Miséricordieux».

Mashrou’ Leila

Porte-parole d’une jeunesse qui a soif de liberté et de démocratie, le jeune groupe libanais Mashrou’ Leila s’inspire des sonorités du monde arabe pour inventer la house du futur. Guitares saturées, lignes de clavier distillées comme des fuites, violons entêtés et entêtants, sons électro minimalistes, l’ensemble est emmené par la voix magistrale du chanteur Hamed Sinno qui martèle, en dialecte arabe libanais, des refrains poétiques comme des hymnes à la joie et à la liberté d’expression. il touche juste, avec des paroles sur le ras-le-bol de la politique libanaise clanique, sur les aspirations de la jeunesse de Beyrouth et ose même une chanson sur l’homosexualité. Une énergie jouissive et contagieuse au service d’un monde plus libre et plus ouvert. «Alliant rock indé et lyrisme oriental, parlant d’homosexualité dans un pays où elle est passible de prison, ces Beyrouthins de 20 et quelques années incarnent les aspirations au changement de la nouvelle génération, et ce dans tout le Moyen-Orient». Télérama

Vrai/Faux

Vrai/Faux (Rayez la mention inutile) inaugure un nouveau cycle du parcours artistique de Thierry Collet, magicien, comédien et metteur en scène, qui oeuvre depuis dix ans au rapprochement surprenant de la magie et du théâtre : «Après ma double formation magique et théâtrale, je mêle les deux et crée une forme nouvelle, à mi-chemin de l’objet et du texte. Je travaille à renouveler les codes, la dramaturgie et l’esthétique de la prestidigitation». Et c’est dans le cadre intimiste et ludique d’un cabinet de curiosités que l’artiste confronte poésie et science, textes littéraires et paroles personnelles, gestes et mental, afin d’interroger notre perception de la réalité et de nous embarquer dans l’univers du faux-semblant. Qu’est-ce qui est faux ? Qu’est-ce qui est vrai ? À partir d’illusions d’optique, d’expériences psychologiques interactives et d’effets magiques, cette petite forme interroge ce qui conditionne nos goûts et nos choix. Peut-on vivre au sein d’une société, appartenir à un groupe et ne pas tous penser et choisir les mêmes choses ?

Récits de vie en temps de guerre

Jihad Darwiche est né en 1951 à Marwaniyé, un petit village du Sud-Liban. Son enfance a été bercée par les contes, la poésie et les récits traditionnels de l’Orient que racontaient sa mère et les femmes du quartier. Depuis 1984, il anime des veillées de contes où s’entremêlent le merveilleux des Mille et Une Nuits, la sagesse et la malice.

Dans Récits de vie en temps de guerre, Jihad Darwiche raconte avec tendresse et humanité le quotidien des petites gens, leur attachement à la vie, leurs amours, leurs gestes héroïques et dérisoires pour rester debout et garder vivante la flamme de l’espoir. On y rencontre un vieux couple amoureux, une femme qui sème son champs sous les bombes, une autre qui raconte des contes aux enfants pour faire oublier le fracas de la guerre. Délicatement enveloppé par le piano d’Henry Torgue, ces histoires nous rappellent que la guerre et la déraison ne sont pas que des images ou des mots médiatiques, mais des vies chamboulées.

Pour des raisons de santé, le comédien Jihad Darwiche, n’est pas en mesure d’assurer ces trois spectacles. Afin de procéder à un échange ou à un remboursement, merci de vous présenter à la billetterie du Théâtre muni de vos billets ou de nous contacter (02 40 22 91 36 – accueil@letheatre-saintnazaire.fr) avant le 30 avril. Merci de votre compréhension.

 

Love and Revenge

Lui, c’est Rayess Bek, l’un des représentants majeurs des mouvements rap et slam au Proche-Orient. Elle, c’est Randa Mirza. Détentrice d’une licence en arts plastiques et d’un master en publicité, elle travaille depuis 2004 dans le domaine de la photographie et de l’image en mouvement dans le cadre de performances vidéo en temps réel.

Dans Love and Revenge, les deux artistes s’approprient les plus grandes voix du monde arabe et ses stars du cinéma, de 1940 jusqu’aux années 90, pour leur donner une seconde vie avec les esthétiques d’aujourd’hui. «À quoi ressemblerait la variété arabe si nous, trentenaires vivant entre Orient et Occident, décidions d’introduire de nouvelles influences ?» Cette performance musicale et visuelle, réflexion sur l’identité et la double culture, nous raconte avec amour, humour et une pointe de nostalgie le monde arabe, son libertinage, ses traditions mais aussi ses contradictions.

Good bye Schlöndorff

Spectacle multimédia, entre ciné-mixe, lecture et concert, Good bye Schlöndorff fait référence au film du réalisateur allemand, Le Faussaire, et à son «making-of», tournés en pleine guerre civile dans le Beyrouth déchiré des années 80, après avoir réussi le pari fou d’obtenir un cessez-le-feu de la part de tous les belligérants. il pose la question de l’art, de sa virtualité, de cette forme d’ingérence dans la réalité d’un pays en guerre, quand ici les acteurs de la fiction cinématographique sont aussi les protagonistes du conflit. À la vision « héroïque » de la guerre filmée en direct par Völker Schlöndorff, le spectacle de Wael Koudaih met en regard le quotidien de familles qui s’envoyaient des K7 audio pour communiquer à distance. À la légèreté de l’enfance, au sentiment d’abandon autant qu’à la force de l’amour exprimés sur bandes magnétiques, alternent des lectures plus littéraires et introspectives : des courriers échangés pendant la tragédie du tournage par un acteur du film, avec sa femme restée en occident.

Reconnu dans tout le Moyen-Orient comme l’un des rappeurs les plus prometteurs de sa génération, Wael Koudaih, leader du Rayess Bek Orchestra, signe ici une composition électroacoustique virtuose où la voix du musicien et le oud de Yann Pitard répondent aux réminiscences sonores emblématiques d’une époque et de conflits non révolus.

Consonances

«Cela fait 25 ans qu’avec mes amis musiciens, je prends, au mois de septembre, le chemin de St-Nazaire. Pendant toutes ces années, St-Nazaire a été notre port d’attache, et j’y ai mené bien des combats pour faire découvrir la musique au plus grand nombre et défendre l’idée que la beauté, même si elle peut parfois paraître complexe, est accessible à tous. L’accueil de la ville de St-Nazaire et de son public a toujours été des plus chaleureux. il était donc normal de dire merci, sous la forme d’un concert, où chacun pourra exprimer par son talent, sa foi dans l’universalité de la musique. Cette année, des musiciens venus du monde entier, ont tenu à témoigner de leur attachement à ce que Consonances représente pour eux, et cela sera un grand plaisir de découvrir leur talent. Un anniversaire plein de joie et d’optimisme donc ! ».
Philippe Graffin

Yannick Haenel / Laurent Poitrenaux

Yannick Haenel et Laurent Poitrenaux réunis pour une soirée littéraire où les mots de l’un seront portés par la voix de l’autre. Le premier est écrivain et a déjà publié plusieurs romans (Cercle, Jan Karski et dernièrement Les Renards pâles et Je cherche l’italie). Le second est comédien de théâtre et de cinéma. il a entre autre incarné le personnage de Jan Karski, résistant polonais et héros du roman éponyme de Yannick Haenel au festival d’Avignon en 2011. Du roman au théâtre, un pas. Et pour cette soirée,
un pas de deux.

Dans un premier temps, Yannick Haenel présentera son roman Les Renards pâles et son récit autobiographique Je cherche l’italie. Ces deux ouvrages, écrits lors d’un séjour à Florence, évoquent la politique, la migration, la peinture et même un dieu anarchiste des Dogons du Mali… Dans un second temps, le comédien Laurent Poitrenaux s’emparera des mots de Yannick Haenel pour les lire et les interpréter avec vivacité. Le comité de lecture «Auteur, lecteurs dans la ville » et le théâtre scène nationale s’associent pour cet événement qui crée des passerelles entre la littérature et la scène. Et la présence sur scène de Laurent Poitrenaux est comme un préambule à la saison qui s’annonce. Il sera à nouveau au Théâtre au printemps dans le rôle de l’Avare.

Ça commence toujours par un café

Pendant plus d’un an, le Département de Loire-Atlantique et le Théâtre, scène nationale de Saint-Nazaire, ont accompagné des habitants allocataires du RSA (Revenu solidarité active) grâce à un dispositif original d’écriture. Cette aventure collective, nourrie du regard des allocataires sur leur propre vie et de nombreux témoignages, a donné naissance au roman « Ça commence toujours par un café ».

Pour la seconde fois depuis la publication du livre en septembre, une dizaine de femmes et d’hommes, dont certains ont retrouvé un emploi, feront vivre sur scène aux côtés de travailleurs sociaux départementaux, ce récit poignant entre fiction et réalité.

La restitution, au travers de lectures du récit et de vidéos réalisées par LNA (Compagnie Quartier Nord) durant tout le projet, sera l’occasion de porter haut et fort ces portraits chorals dans lesquels chacun d’entre nous pourrait bien se reconnaître.

«Seulement trois lettres nous réunissaient, nous avons souhaité les oublier et vivre ensemble une aventure humaine au-delà des a priori et des préjugés.» Marie Louët

 

>Le livre Ça commence toujours par un café, de Marie Louët, est proposé en téléchargement sur notre site ou sur loire-atlantique.fr et disponible en prêt dans les médiathèques et bibliothèques locales.