Histoire spirituelle de la danse

– Festival de danse Trajectoires –

 

David Wahl revient au Théâtre de Saint-Nazaire avec une de ses Causeries dont il a le secret. L’artiste mène l’enquête avec humour et érudition pour s’interroger sur l’histoire de la danse, entre récit intime et conférence savante.

 

Science, histoire, littérature, philosophie, poésie : dans ses monologues jouissifs et documentés que sont ses Causeries, David Wahl nous plonge dans une érudition vertigineuse. Mais sous la plume et la verve de l’artiste, le sérieux devient ludique et le réel prend des allures de fantastique. Dans Histoire spirituelle de la danse, il nous livre un véritable cabinet de curiosités, à mi-chemin entre récit intime et conférence savante. À la lueur de bougies et d’une lampe Art déco, le conteur se demande ici pourquoi la danse, cet art pratiqué avec passion depuis toujours en Occident, est-elle restée boudée par la Chrétienté.

 

David Wahl est associé à Océanopolis Brest, Centre national de culture scientifique dédié à l’océan

©Philippe Savoir

Oasis Love

création 2023 – coproduction Le Théâtre, scène nationale de Saint-Nazaire

avec la collaboration artistique de Yoann Thommerel

“Comme si faire parole était déjà faire émeute.” Pour l’autrice et metteuse en scène Sonia Chiambretto, le moteur poétique de sa pièce Oasis Love se trouve dans le sens de ce mot “émeute”. Littéralement : “créer de l’émotion”.

Pourquoi l’apparition des forces de l’ordre dans les cités périphériques aux grandes villes provoque-t-elle, toujours ou presque, dans un réflexe de fuite, la course des jeunes qui y vivent, et dans le même mouvement, la course des policiers ? Avec Oasis Love, Sonia Chiambretto pose cette question comme point de départ à son spectacle, forme résolument hybride, né d’un long travail de documentation, d’enquête et d’écriture sur l’ambiguïté de notre rapport à l’autorité. Oasis Love explore la puissance poétique de la course- poursuite, de l’exaltation, des corps épuisés. Celle d’une jeunesse qui court et trouve son souffle et sa fraîcheur dans cette chose qui fait tourner le monde : l’amour. Sous nos yeux se construit alors un espace où se réinventent effrontément les règles du vivre ensemble, révélant quelque chose comme l’atlas sensible d’un grand ensemble devenant peu à peu une oasis futuriste.

 

©Christophe Raynaud de Lage

Teaser Jérémy Blahay

Quartett

Le metteur en scène Jacques Vincey adapte la pièce d’Heiner Müller, Quartett, écrite d’après Les Liaisons dangereuses de Laclos avec un duo d’interprètes captivant et la musique d’Alexandre Meyer.

Dans un salon d’avant la Révolution française ou un bunker d’après la troisième guerre mondiale : le dramaturge Heiner Müller brouille les pistes. La Marquise de Merteuil et le Vicomte de Valmont jouent à rejouer leur relation passionnelle et les intrigues érotiques qui ont conduit au sacrifice de Cécile Volanges et de la Présidente de Tourvel. Quatre personnages pour un duo, interprétés avec force par Hélène Alexandridis et Stanislas Nordey. Le duo s’affronte dans des joutes verbales jubilatoires où le couple passionné expose toutes les facettes du pouvoir et du désir, de la cruauté aussi. Jusqu’à ce que la mort scelle la fin de l’histoire.

 

©Christophe Raynaud de Lage

Teaser Jérémy Blahay

Le Misanthrope

création 2024

Dans cette comédie écrite en 1666, Molière opère une véritable autopsie de nos rapports sociaux avec un humour subtil et délicat. Le Misanthrope est le reflet d’une société qui pourrait être la nôtre. Ce grand texte n’a rien perdu de sa justesse et de sa clairvoyance.

« Le Misanthrope est une comédie, de mœurs, de portraits où la satire cruelle y est sport de combat et la langue en alexandrins une arme de destruction massive. Formidable galerie d’êtres en représentation permanente, poètes ratés, prudes consommées, courtisans effrénés qui, toutes et tous à leur manière, réclament un moment d’attention. (…) Sans chercher à transposer quoi que ce soit, le milieu artistique est celui qui offre le plus de similitudes avec une cour où l’on peut être fait et défait aussi facilement. (…) Héros romantique absolutiste aux accents wertheriens, Alceste est pour moi le plus beau personnage du théâtre français. Intransigeant, passionné, droit, il serait un modèle s’il n’était aveuglé par sa passion, s’il n’était habité par le fait de plaire à son tour de manière égoïste, s’il n’était violent, jaloux, buté et aujourd’hui (comme hier ?) ridicule. Ce sont toutes ces complexités humaines qui sont passionnantes et continuent de nous fasciner en nous offrant un miroir cruel. » Simon Delétang

 

©Aurélien Jan

Les Conversations du Théâtre – Mineur non accompagné

 

Cette Conversation est organisée en écho à la pièce de Sonia Chiambretto et Yoann Thommerel, Mineur non accompagné, présentée le 8 octobre à 20h au Théâtre.

Rencontre animée par Sabrina Rouillé.


Sonia Chiambretto, autrice, metteuse en scène et poétesse, est une des voix nouvelles qui marque la littérature contemporaine par l’originalité formelle de son écriture, la force et l’engagement de son propos. Son œuvre pour la scène est attachée à la démarche documentaire. Elle s’est immergée, avec le poète et metteur en scène Yoann Thommerel dans un Centre d’accueil pour mineurs non accompagnés en Normandie. De cette immersion est née la performance Mineur non accompagné, présentée à la scène nationale de Saint-Nazaire mardi 8 octobre. Les deux artistes ont fondé le g.i.g (groupe d’informations sur les ghettos) qui travaille à la croisée de la littérature, des sciences sociales et des arts vivants et plastiques.


Armelle de Guibert est directrice des établissements de l’Association Aurore du département de Loire Atlantique qui compte 10 structures dont 3 particulièrement destinés aux jeunes. Elle a créé et piloté un dispositif d’accompagnement temporaire de jeunes en situation d’exil dans l’attente de l’évaluation de leur minorité d’octobre 2023 à janvier 2024 et ouvert un service pérenne destiné à des mineur·es non accompagné·es ou privé·es temporairement de leur famille orienté·es par l’aide sociale à l’enfance du 44 : ASAE accompagne actuellement 80 jeunes garçons et fille hébergé·es dans des maisons ou appartements partagés dans l’accès à leurs droits à l’emploi au logement et aux soins. Armelle de Guibert est également professeure associée à Sciences Po Rennes et à la Chaire TMAP (Territoires et mutation de l’action publique). Elle est co-responsable avec Roland Janvier du Master « Gouverner les solidarités territoriales » créé sous l’égide de la Grande École des Solidarités.


Julien Long est doctorant en histoire contemporaine et sociologie à l’université de Nantes.
Militant pour la cause des étrangers à Nantes, il participe au collectif MIE (pour la défense des droits des mineur·es isolé·es étranger·es) et au collectif Action Jeunesse Scolarisation à Nantes pour les jeunes étrangers à la rue. Ensemble, ils montent l’école Hors les Murs à Nantes. Depuis 2018, Julien Long travaille sur une thèse en histoire et en sociologie sur les jeunes en migration depuis les années 1990 à Nantes Université, particulièrement sur la recherche-action pour favoriser les liens entre sciences et société et mobiliser les sciences sociales comme levier d’émancipation des populations vulnérables. A ce titre, il collabore avec l’Institut Convergences Migrations au sein d’un projet de recherche sur les MNA en collaboration avec l’Aide sociale à l’enfance en Seine Saint-Denis, MINA 93. Julien Long est également membre du réseau de jeunes chercheurs de l’Observatoire National de la Protection de l’Enfance.

++ En partenariat avec la librairie L’Oiseau Tempête, Sonia Chiambretto et Yoann Thommerel dédicaceront leurs ouvrages.

Discussion avec DS – Je ne suis pas une apparition

THÉ – MA

 

THÉ-MA (THÉâtre et cinéMA) est un nouveau temps fort à la scène nationale pour mieux tisser les liens entre le grand écran et le plateau.

Si le dialogue entre théâtre et cinéma est régulier au fil des saisons, sous la forme d’échos respectifs, il s’agit là d’observer comment le spectacle vivant regarde le cinéma et vice versa, comment les artistes circulent entre ces deux arts et s’en nourrissent pour créer de nouvelles formes.

 

Discussion avec DS est un magnifique hommage que la comédienne Raphaëlle Rousseau a souhaité rendre à l’actrice et réalisatrice féministe Delphine Seyrig dans un seule en scène sobre et lumineux.

« Vous voulez écrire sur moi ? Mais cela n’a aucun intérêt !

Écrivez donc sur le voisin d’en face qui croupit dans l’indifférence et l’anonymat, ce sera certainement plus intéressant,

Ce que vous devez savoir de moi, je vous l’ai montré au cinéma ou au théâtre et cela doit vous suffire. » Delphine Seyrig

 

Raphaëlle Rousseau aurait tant aimé connaître Delphine Seyrig, icône du cinéma d’avant-garde des années 60-70, devenue l’une des grandes voix de l’émancipation des femmes dont les réflexions sur le métier d’actrice ont été notamment redécouvertes ces dernières années. Cette rencontre, la jeune comédienne l’a imaginée dans ce seule en scène où elle évolue au milieu des portraits de son idole avec qui elle dialogue grâce à un malicieux montage d’archives sonores, jusqu’à l’inviter sur scène. Dans un dialogue simple, drôle et profond se tissent deux portraits, ceux de deux femmes, deux actrices, deux époques.

 

©India Lange

L’Oiseau de Prométhée

Dans son désir de questionner l’état du monde, la compagnie Les Anges au plafond nous embarque dans une épopée politique en Grèce, dans une mise en scène mêlant théâtre, marionnettes, musique et cirque.

Une grande table de fête et une célébration qui pourtant, n’en est pas une. Le dernier repas entre les hommes et les Dieux d’un côté, la table des négociations où siègent le FMI, la Banque centrale et l’Union européenne de l’autre : un raccourci dans l’échelle du temps.

Ici, Prométhée trompe Zeus au moment du partage du boeuf sacré ; là, le gouvernement grec négocie un nouveau plan de sauvetage… Nous sommes tout à la fois à la fin de l’âge d’or au coeur de la Grèce antique et en 2015, à l’apogée de la crise de la dette publique grecque. Questions : comment partage-t-on la richesse ? Qui décide de la répartition ? Fallait-il sacrifier la Grèce sur la table des négociations ? Quel terrible outrage le peuple a-t-il commis pour qu’il doive maintenant le payer si cher ?
La question est d’autant plus brûlante que le peuple, c’est nous.

 

+ Un bord de plateau vous est proposé pour échanger avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du 26 mars.

 ++ Banquet des dieux ou une banque et des dieux ?

Venez partager un repas comme aux temps lointains lors du grand banquet entre l’humanité et les dieux. Une fois par an, on y discutait de l’ordre du monde et on décidait de la part de chacun·e. Ce soir, il y aura vous, public, les artistes comédiennes-marionnettistes, un oiseau, un musicien et un économiste. Il sera question de richesse à partager, d’équité ou d’égalité, de la Grèce, du Fond Monétaire International, de l’Europe et d’espoir. Mais qui, ce soir en cuisine, décidera de la répartition des assiettes ?

mardi 25 mars à 20h, nombre de places limité, réservation indispensable

© Vincent Muteau

Teaser Jérémy Blahay

Dictionnaire amoureux de l’inutile

François Morel, père, et Valentin Morel, fils, se rejoignent sur scène pour une lecture à deux voix des meilleures pages d’un dictionnaire pas comme les autres.

Le Dictionnaire amoureux de l’inutile est d’abord un livre malicieux écrit à quatre mains par le père et le fils. Acteur, humoriste, essayiste, chanteur, chroniqueur, François Morel s’adjoint l’humour de son fils Valentin pour répertorier ce qui leur semble inutile : les préfaces, la coiffure de Giscard d’Estaing, Strasbourg… Inutile, vraiment ? La notion d’inutilité est si subjective qu’il va de soi qu’elle est ici pur prétexte à jeter un peu de lumière sur l’importance de la légèreté. Quel est le plus utile : l’homme ou la langouste ? La pomme de terre ou le liseron? Les deux humoristes nous disent en substance de ne pas oublier de faire des ricochets, d’écouter la météo marine bien au chaud sous la couette et de nous embrasser en attendant que le feu passe au vert. Ce dictionnaire est une promenade de A à Z dans nos émotions aussi futiles qu’essentielles.

 

©Arnaud Journois

©Giovanni Cittadini Cesi

Teaser Jérémy Blahay

Le Funambule

création 2024

 

Immense comédien, Philippe Torreton porte et met en scène le texte de Jean Genet qui aborde des questions sur la création, l’engagement et le renoncement de soi.

Le texte du Funambule, écrit au printemps 1957, est dédié à Abdallah Bentaga, funambule et compagnon de Jean Genet. Ce texte symbolise un retour à la lumière et à l’écriture pour Genet après une crise personnelle et artistique intense. C’est par une écriture magnifique et enflammée qu’il adresse des conseils à son amant pour atteindre les sommets de son art. Un spectacle que Philippe Torreton interprète et met en scène en poursuivant ce savoureux mélange texte/musique qu’il avait déjà expérimenté, en invitant cette fois le guitariste et pianiste Boris Boublil, passionné d’instruments électroniques et le fildefériste Julien Posada, époustouflant de précision pour un pur moment de création.

Un bord de plateau vous est proposé pour échanger avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation mardi 26 novembre.

 

© Pascale Cholette

 

Peines mineures

P.A.N.G !

Thème, variation et répétition

P.A.N.G ! est un voyage inattendu au cœur de la création contemporaine pour découvrir des formes inclassables, un pas de côté dans la programmation du Théâtre. Les artistes s’imprègnent de situations du quotidien ou s’emparent de gestes simples pour les étirer dans le temps et créer ainsi une multiplicité de narrations légères, absurdes, drôles ou angoissantes. Il est question, là, de l’érosion de nos sensibilités et d’inventer de nouvelles manières d’être ensemble.

 

Délinquantes, c’est l’institution qui le dit. Elles, toutes mineures, rêvent. Courent. Volent. Refusent de signer. Et finissent toujours par trouver un trou dans le grillage. Dans ce récit choral, Sonia Chiambretto enchaîne courses poursuites, fugues, règlements, confessions et documents. Des paroles sous vidéosurveillance ou des voix intérieures affranchies de toute injonction s’entrechoquent derrière les enceintes d’un centre éducatif fermé d’aujourd’hui ou celles d’un internat du Bon-Pasteur à la fin des années 1950.

++ En partenariat avec la librairie L’Oiseau Tempête, Sonia Chiambretto dédicacera ses ouvrages au Théâtre à l’issue de la rencontre

©Stéphane Remael