Hamlet à l’impératif !


Hamlet à l’impératif ! est une adaptation de la pièce de William Shakespeare pour quatre acteurs et un musicien. Olivier Py questionne le théâtre à travers la pièce la plus connue des drames shakespeariens.

« Chaque nouvelle mise en scène de Hamlet est un événement ou toujours le même avènement : l’exégèse infinie d’une pièce de Shakespeare qui a conditionné l’imaginaire européen puis a conquis le monde. » Olivier Py

Hamlet à l’impératif ! est le onzième épisode du feuilleton théâtral créé par Olivier Py dans le cadre du 75e festival d’Avignon en 2021. Si l’on devait résumer la pièce en une seule question, il ne s’agirait pas de « Être ou ne pas être » qui n’est peut-être qu’une disgression philosophique au cœur d’un ensemble tragique mais plutôt « que dois-je faire ? » Dans une nouvelle traduction menée par celui qui dirigea le festival d’Avignon pendant plusieurs années, quatre acteurs et un musicien donnent une version concentrée du chef-d’œuvre de William Shakespeare dans une scénographie dépouillée. Olivier Py a choisi de questionner et d’analyser sous toutes les coutures la célèbre tragédie shakespearienne qu’il qualifie de « cinquième évangile laïque de l’Occident », dans une mise en scène jubilatoire.

© Christophe Raynaud de Lage

 

Misericordia


Emma Dante explore le thème de la maternité au sein d’une famille pauvre et atypique à travers le délicat portrait de trois mères auxquelles la metteuse en scène italienne rend hommage.

« Misericordia, pour moi, est une machine d’amour. Un lieu terrible, misérable, étroit mais où, pourtant, naît l’amour. »  Emma Dante

Dans leur maison misérable qu’elles quittent chaque soir pour aller vendre leur corps, Bettina, Nuzza et Anna s’occupent d’Arturo, un enfant orphelin, mutique et hyperactif qu’elles ont pris sous leurs ailes, qu’elles élèvent et aiment comme leur fils. Au sein de cette famille singulière marquée par les blessures de l’existence, chaque geste relève du combat.

Le danseur Simone Zambelli interprète magistralement le rôle d’Arturo, pantin fragile et désarticulé, qui emplit l’espace et les cœurs. Emma Dante dit que dans ses spectacles, « les corps ont une diction et une grammaire imparfaite, quelque chose de sauvage qui les anime ». Misericordia (dans lequel on entend deux dialectes italiens) mêle le langage des mots et celui du corps à travers la danse. Un langage qui emplit les cœurs pour trouver la force en nous d’accepter et d’accueillir les plus vulnérables.

Spectacle en dialecte de Sicile et des Pouilles, surtitré en français.

©Masiar Pasquali

Les Imprudents


La comédienne et metteuse en scène Isabelle Lafon nous invite à rencontrer Marguerite Duras, la femme, la journaliste, l’écrivaine, engagée, humaine, bouleversante, scandaleuse et drôle, dans une mise en scène sobre et élégante.

« Je représente ce que toute une partie de vous refusez : l’incohérence, l’indiscrétion, l’orgueil, la vanité, l’engagement politique naïf, la violence désordonnée, le refus catégorique, le manque de ménagements, la méchanceté. Je pourrais ne pas m’arrêter. Avec tout ce bordel que je trimballe, je fais des livres. » Marguerite Duras (lettre à Alain Resnais) 

À partir d’archives et d’entretiens des années 60 menés par Marguerite Duras pour la télévision, Isabelle Lafon crée une pièce pour trois interprètes. Les comédiens travaillent et improvisent, imaginent ce qu’ont retenu toutes ces personnes de leur rencontre avec Marguerite Duras et font revivre ces anonymes à la lueur de la pensée de l’écrivaine : des mineurs et des femmes de mineurs, une directrice de prison, des enfants sans foyer, Lolo Pigalle, la streap-tiseuse pour qui « la nudité est un uniforme »… 

L’envie de (re)lire Duras est là, au sortir de la représentation. Duras, l’insoumise, que l’écriture a rendue sauvage : « On rejoint une sauvagerie d’avant la vie. Et on la reconnaît toujours, c’est celle des forêts, celle ancienne comme le temps. Celle de la peur de tout, distincte et inséparable de la vie même. »

©Tuong Vi-Nguyen

++ Un bord de plateau vous est proposé pour échanger avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du jeudi 23 mars

Midi nous le dira

Nadja,18 ans, est une passionnée de football. Elle attend fébrilement la réponse de sa sélection dans l’équipe des Espoirs féminins de football. Sera-t-elle choisie pour jouer lors de la prochaine Coupe du monde ?

« Najda, adolescente emblématique de sa génération connectée, est une voix de son époque. C’est la voix d’un féminisme d’aujourd’hui, un féminisme 3.0 » Joséphine Chaffin

Il est 11 h à Saint-Malo. Nadja, 18 ans, attend une réponse qui peut bouleverser sa vie : à midi, cette passionnée de football connaîtra les résultats de la Commission de sélection des jeunes espoirs de foot. Sera-t-elle choisie pour jouer lors de la prochaine Coupe du monde de foot féminin ? Elle profite de cette heure décisive pour se remémorer son histoire et celle de sa famille. Durant cette attente, elle se filme avec son téléphone et s’adresse à la Nadja du futur, celle qu’elle sera dans 10 ans. Dans la voix de Najda résonnent celles de toutes les femmes qui l’entourent, surtout celles de sa mère et de sa grand-mère : elles lui transmettent leur histoire, racontent les limites qu’on leur a imposées en leur temps, pour guider et encourager la jeune fille d’aujourd’hui dans sa quête éperdue de liberté.

©Michel Cavalca

++ Stage d’écriture proposé par Joséphine Chaffin, auteure et metteuse en scène: lundi 20, mardi 21 et mercredi 22 février de 10h à 12h30 et de 14h à 16h30, à partir de 13 ans au Théâtre. Réserver.