Le Plein Pays


Dans le cadre de P.A.N.G !


Un homme vit reclus depuis trente ans dans une forêt en France. Il creuse en solitaire de profondes galeries souterraines qu’il orne de gravures archaïques. Elles doivent résister à la catastrophe planétaire annoncée et éclairer, par leurs messages clairvoyants, les futurs habitants. Le film raconte cette expérience en marge de la société moderne, affectée par la misère humaine et la perte définitive d’un monde parfait.

Lux ou la petite fille qui avait peur du blanc


C’est une histoire où le noir et le blanc sont des personnages, où la lumière est le narrateur. 

C’est l’histoire d’une nuit blanche où s’inversent toutes les couleurs du noir, une histoire à dormir debout. Lux ou la petite fille qui avait peur du blanc inverse les stéréotypes à travers une vision poétique : ici, c’est la nuit noire qui est douce et accueillante et le pays blanc qui représente l’inconnu et où la lumière étincelante pique les yeux. Il faudra du courage à Lux pour dépasser ses peurs et aller à la rencontre de cet inconnu.

Lux est une épopée dansée convoquant des images inspirées de récits lointains pour rappeler l’incroyable richesse et nécessité de la différence, de la nuance. Ce voyage imaginaire et sensoriel bouscule les certitudes : ce n’est pas le noir qui fait peur, c’est l’obscurité. Et ce n’est pas le blanc qui rassure, c’est la lumière. 

Le noir et le blanc, les contrastes, la lumière ont toujours été très présents dans les spectacles de La Vouivre qui aime à questionner « cette intensité que Soulages appelle « le noir lumineux », le noir matriciel qui révèle la lumière, ouvre un champ poétique.

©Ilaria Triolo

N3rdistan


Le duo N3rdistan affiche un univers à la fois sombre et puissant où les sonorités électro habillent des textes engagés qui mettent la poésie arabe classique à l’honneur.

Walid Ben Selim et Widad Broco se sont rencontrés, adolescents, à Casablanca au Maroc. Ils ont créé l’un des premiers groupes de rap marocain, Thug Gang, en 1999. Sous l’influence de Massive Attack, Portishead ou encore Roni Size et grâce aux logiciels de création musicale, ils fondent N3rdistan et leur univers singulier, tournent à l’étranger (ils sont découverts en France en 2014) et propagent leur poésie urbaine engagée. En 2019, le duo sort son premier album éponyme, à la lisière du trip-hop et de la musique traditionnelle avec la poésie arabe classique comme invitée d’honneur, avec des textes forts, tels ceux de Nizar Qabbani, le poète de la femme, ou de Nazek El  Malaeka,  fondatrice  de  la poésie  libre  et  grande  défenseuse  des conditions de la femme au Moyen-Orient ou encore du poète libanais Gibran Khalil, auteur de l’œuvre « Le Prophète ».

Bienvenue à N3rdistan, ce pays imaginaire, cité ou état indépendant, ce havre de paix dans le chaos mondial.

© Maxime Astier

 

Les Imprudents


La comédienne et metteuse en scène Isabelle Lafon nous invite à rencontrer Marguerite Duras, la femme, la journaliste, l’écrivaine, engagée, humaine, bouleversante, scandaleuse et drôle, dans une mise en scène sobre et élégante.

« Je représente ce que toute une partie de vous refusez : l’incohérence, l’indiscrétion, l’orgueil, la vanité, l’engagement politique naïf, la violence désordonnée, le refus catégorique, le manque de ménagements, la méchanceté. Je pourrais ne pas m’arrêter. Avec tout ce bordel que je trimballe, je fais des livres. » Marguerite Duras (lettre à Alain Resnais) 

À partir d’archives et d’entretiens des années 60 menés par Marguerite Duras pour la télévision, Isabelle Lafon crée une pièce pour trois interprètes. Les comédiens travaillent et improvisent, imaginent ce qu’ont retenu toutes ces personnes de leur rencontre avec Marguerite Duras et font revivre ces anonymes à la lueur de la pensée de l’écrivaine : des mineurs et des femmes de mineurs, une directrice de prison, des enfants sans foyer, Lolo Pigalle, la streap-tiseuse pour qui « la nudité est un uniforme »… 

L’envie de (re)lire Duras est là, au sortir de la représentation. Duras, l’insoumise, que l’écriture a rendue sauvage : « On rejoint une sauvagerie d’avant la vie. Et on la reconnaît toujours, c’est celle des forêts, celle ancienne comme le temps. Celle de la peur de tout, distincte et inséparable de la vie même. »

©Tuong Vi-Nguyen

++ Un bord de plateau vous est proposé pour échanger avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du jeudi 23 mars

Leïla Ka


La chorégraphe Leïla Ka présente deux solos et un duo, trois petites formes pour un triptyque dansé, inspiré par la pulsion de vie et le désir de liberté.

Pode Ser, durée 17 mn

Pode Ser est le combat d’une femme,  mi-princesse mi-guerrière, contre les assignations et contre ses propres empêchements : désir d’affranchissement et de devenir soi ou la difficulté d’être soi. Leila Ka s’engage seule dans un dialogue brut, à travers différents langages chorégraphiques, à la  recherche des identités multiples qui constituent la personne.

Pode Ser a été primé cinq fois à l’international depuis sa création en 2018 et joué plus de 80 fois.

C’est toi qu’on adore, durée 25 mn

Dans le prolongement de Pode Ser, Leïla Ka interroge à nouveau le destin et les possibilités de changement. La pièce C’est toi qu’on adore aborde le thème de la difficulté d’être mais à l’échelle de la communauté cette fois-ci. Elles  sont  deux  mais  pourraient  être  cent  ou  mille. Héroïnes,  tour  à  tour  invincibles  ou  tragiquement  vulnérables,  elles  avancent,  résistent,  s’effondrent  parfois,  mais s’évertuent inlassablement à lutter jusqu’à l’épuisement des forces que l’on sent poindre.

Se faire la belle, durée 20 mn

Cette troisième petite forme est le dernier volet du triptyque créé par Leïla Ka. Le  combat n’est pas  encore terminé. Troisième round maintenant, moins sage, plus  lumineux, sur une musique pulsative et électronique. Dans un désordre provocateur empreint d’ironie et de dérision, la danseuse affiche la détermination à résister et à ne rien lâcher. À travers un langage chorégraphique extravagant, c’est l’increvable et indomptable désir de liberté qui s’exprime ici.

©Martin Argyroglo  Martin Launay/ Ville de Saint-Nazaire / Pierre Planchenaul / Guy Henri

 

Les Rencontres de Sophie – La beauté


Les Rencontres de Sophie font escale à Saint-Nazaire: le Théâtre et l’association Philosophia vous invitent à un week-end de philosophie à destination de tous.

Que serait une existence humaine sans l’expérience de la beauté ?

Un corps, une chanson, l’éclat d’un poème, la majesté d’un édifice, la pureté d’une forme, autant de réalités, prosaïques ou sublimes, qui peuvent déclencher en nous un émerveillement, une émotion à la fois singulière et commune. On dit alors : « c’est beau », sans bien savoir de quoi il s’agit. Sans doute d’abord d’un plaisir, des sens et de l’esprit ; mais aussi de la reconnaissance d’une qualité, une harmonie souvent, dont nous sommes bien en peine de décider si elle est dans cet objet même, ou tient à l’effet qu’il provoque en nous ; d’un jugement enfin, qui généralise et communique notre sensation, jusqu’à en faire parfois l’expression d’un partage du sensible.

Abécédaire, conférences, débat, table ronde, lecture, films, tenteront de saisir la beauté du monde et des œuvres, des choses et des êtres, sans quoi il serait impossible pour l’homme d’habiter le réel.

Vendredi 17 mars

17h-18h à l’Ecole des Beaux-arts

Conférence de Bernard Sève

Trois concepts de la beauté : peinture, poésie, musique

Le concept de beauté n’est pas le seul que nous employons pour caractériser certains objets naturels (une belle fleur) ou certains produits artistiques (un bel opéra) ; d’autres mots sont aussi utiles, comme joli, sublime, gracieux, pathétique, etc. Mais « beauté » a assurément un privilège, comme s’il exprimait au mieux le cœur de nos expériences esthétiques.

Ce concept n’est cependant pas aussi simple que sa popularité pourrait le laisser croire. Une musique est-elle belle au même sens qu’un statue l’est ? Ce n’est pas certain, les types de plaisir ou d’émotion esthétique suscités par ces objets étant assez différents.

Trois concepts différents de la beauté me paraissent pouvoir être dégagés, selon qu’on parle de beauté picturale, de beauté poétique ou de beauté musicale. Il n’est pas pertinent de vouloir réduire la diversité de ces sens, en pensant par exemple toute beauté artistique sur le modèle de la beauté picturale ou de la beauté poétique. La distinction de ces trois concepts n’empêche néanmoins pas une nécessaire souplesse dans leur usage, la souplesse n’étant pas ici facilité, mais prise en compte du fait que les arts ne sont pas des réalités étanches.

Bernard Sève est professeur émérite en esthétique et philosophie de l’art à l’Université de Lille. Il travaille principalement en philosophie de la musique (L’Altération musicale, ou ce que la musique apprend au philosophe, Seuil, 2002 et 2013 ; L’Instrument de musique, une étude philosophique, Seuil, 2013, ainsi que de nombreux articles). Il est également l’auteur d’un ouvrage sur l’usage des listes (De Haut en bas, philosophie des listes, Seuil, 2010), et travaille par ailleurs sur la pensée de Montaigne (Montaigne, des règles pour l’esprit, PUF, 2008, et de nombreux articles).

 

18h30-19h30 au Théâtre

Entretien avec Jean-Christophe Bailly, animé par Vincent Grégoire

La beauté de la nature

Jean-Christophe Baillly est né en 1949 à Paris. Il est l’auteur de nombreux livres, avant tout des essais mais aussi des poèmes et des récits de voyage. Les façons d’habiter (humaines ou animales), les images et, bien sûr, le langage sont les principaux axes de sa réflexion. Le Dépaysement (2011) est son livre le plus connu. Récemment parus Naissance de la phrase (Nous, 2020) et Paris quand même (La Fabrique, 2022). Sur la peinture et la photographie, L’Imagement (Seuil, 2020) et Une éclosion continue (Seuil, 2022).

 Vincent Grégoire est agrégé de philosophie et docteur en philosophie. Il enseigne au Lycée Jean-de-Lattre-de-Tassigny de La Roche-sur-Yon

 

20h30 au Cinéma Jacques Tati

All about Eve de Joseph Mankiewicz

avec Bette Davis, Anne Baxter, George Sanders, Celeste Holm

Etats-Unis, 1950, VO, 138 minutes (tarifs cinéma)

L’actrice Eve Harrington reçoit la récompense théâtrale de l’année, le Sarah Siddons Award. Des témoins se rappellent son ascension. Il y a quelques mois, elle n’était qu’une admiratrice de la star Margo Channing. Grâce à l’épouse d’un auteur dramatique, Eve parvient à faire la connaissance de son idole…

Projection suivie d’une rencontre avec Murielle Joudet

Murielle Joudet est critique de cinéma au Monde, elle participe à l’émission Le Cercle (Canal+) et anime une émission d’entretiens sur le site Hors-série. Elle a publié deux essais consacrés à des actrices : Isabelle Huppert : Vivre ne nous regarde pas (Capricci, 2018) et Gena Rowlands : On aurait dû dormir (Capricci, Prix 2021 du livre de cinéma) et, récemment, aux éditions Premier parallèle, La Seconde Femme, un essai sous-titré : Ce que les actrices font à la vieillesse.

 

Samedi 18 mars

Dans le hall du Théâtre, de 11h à 19h30

Abécédaire.

La beauté déclinée en 26 séquences de 15 minutes : 26 thèmes philosophiques abordés sous forme de mini-conférences menées par des professeurs de philosophie, auxquelles le public est invité à assister, soit en choisissant quelques lettres au gré de son désir, soit en s’immergeant dans ce marathon philosophique.

  

11h-12h au Théâtre

Conférence d’Eric de Chassey

Une œuvre d’art doit-elle être belle ? 

Éric de Chassey est directeur général de l’Institut national d’histoire de l’art, professeur à l’École normale supérieure de Lyon, ancien directeur de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis. Spécialiste de l’art contemporain, il a notamment publié plusieurs ouvrages consacrés à Matisse, ainsi que Platitudes. Une histoire de la photographie plate, Paris, Gallimard, 2006 ; Pour l’histoire de l’art, Arles, Actes Sud, 2011 ; L’abstraction avec ou sans raisons, Paris, Gallimard, 2017.

 

14h-15h30 au Théâtre

Table ronde avec Eric de Chassey, Sophie Levy et Rozenn Le Merrer, animée par Aurélie Dourmap

Pourquoi les BEAUX-arts ?

 Pourquoi, à Nantes, une école des Beaux-Arts ? Et, toujours à Nantes, un Musée d’arts ? Pourquoi conserver la référence à la beauté dans la formation de jeunes plasticiens, alors même que la place du concept dans l’art contemporain est très problématique ? Et quel sens concret et pédagogique donner à cette notion volontairement maintenue ? Pourquoi à l’inverse abandonner l’idée de Beaux-Arts, alors même que se trouvent au Musée d’Arts quantité d’œuvres dont c’est peu dire qu’elles sont belles ? Il s’agira ici de croiser les regards pour éclairer autant que possible cette relation à la fois intime et conflictuelle entre l’art et la beauté.

Éric de Chassey est directeur général de l’Institut national d’histoire de l’art, professeur à l’École normale supérieure de Lyon.

Sophie Levy est directrice conservatrice du Musée d’arts de Nantes

Rozenn Le Merrer est directrice de l’Ecole des Beaux-arts de Nantes-St-Nazaire

Aurélie Dourmap est professeure agrégée d’Arts Plastiques au Lycée Guist’hau de Nantes

 

16h-17h au Théâtre

Conférence dansée, de Julie Cloarec-Michaud et Mickaël Lafontaine

La beauté du geste, ou le gai savoir du danseur

Cette « conférence dansée » allie philosophie, danse et art numérique. Julie Cloarec-Michaud, avec Mickaël Lafontaine, proposent une expérience immersive au plus près de la réflexion, du mouvement et de la poésie. Lorsque Nietzsche écrit : « Je ne vois pas ce que l’esprit d’un philosophe pourrait désirer de meilleur que d’être un bon danseur ? », il remet en cause, d’un revers d’aphorisme, la distinction entre theoria et praxis. Peut-on penser la danse ? Danser la pensée ? Et si ces questions ne signifiaient rien ? Et si danser, c’était penser, et penser, c’était danser ? Alors, à tout apprenti philosophe curieux de comprendre le monde il ne suffirait plus de dire « Connais-toi toi-même », mais bien plutôt de lui demander « et si on dansait ? ». Enjoindre à la connaissance comme on incite à la danse c’est assumer une pensée vivante et en mouvement qui se déleste sans cesse des carcans immobiles et menaçants de la certitude. Alors dansons ! Ne serait-ce que pour la beauté du geste !

  

17h30-18h30 au Théâtre

Conférence de Nadeije Laneyrie-Dagen

La beauté des corps : dissensions et crises 

 La Grèce a inventé la beauté, sous la forme de statues : des Apollon et des Vénus qui ont servi, des siècles durant, de référence. Cette référence cependant, est loin d’être universelle. Une sculpture africaine qui représente un corps, un visage, peut nous frapper par sa beauté : mais c’est pour des raisons qui n’ont rien à voir avec ce que nous définissons comme harmonieux dans une statue antique, que nous utilisons le mot « beau » à leur propos. L’histoire des crises de la beauté nous retiendra dans cette communication : l’apparition d’un type de corps adverse, celui, musclé, expressif, souffrant, du Laocoon, à l’époque hellénistique ; le refus de la représentation de beaux corps, au Moyen Age ; le transfert du modèle des marbres dans le pigment et la couleur à la Renaissance, et la tension que les corps ainsi rendus sensuels provoquent dans le monde chrétien, à l’époque de la Réforme et de la Contre-Réforme ; le dilemme, enfin, entre perfection froide et réalité imparfaite touchante – réalisme contre idéal – à partir de Caravage et jusqu’à Courbet. Partons pour une exploration de long terme, forcément partielle, faite de fragments épars pour changer un peu nos idées sur le beau en art. 

Nadeije Laneyrie-Dagen est historienne d’art, enseignante à l’Ecole Normale Supérieure. Elle est l’auteure d’ouvrages thématiques (dont l’Invention du corps, édité et réédité chez Flammarion), de monographies (Rubens, chez Hazan), de manuels (Lire la peinture, Larousse ; Histoire de l’art pour tous, Hazan), et d’un roman, l’Etoile brisée chez Gallimard).

 

20h15 au Théâtre

Diffusion d’un entretien avec Bruno Latour par Nicolas Truong : « C’est tellement beau la philosophie ! » en partenariat avec ARTE

A l’automne 2021, le philosophe et sociologue Bruno Latour déroulait face à Nicolas Truong ses réflexions sur le nouveau monde qui s’impose dans une série d’entretiens diffusés sur la chaîne ARTE. Le Théâtre propose, en partenariat avec ARTE, de découvrir l’un des épisodes de cette série.

 

20h30-22h au Théâtre

Débat avec Julie Beauté, Jean-Claude Pinson et Agnès Levitte, animé par Pascal Massiot

Qu’est-ce qu’une belle ville ?

La beauté d’une ville est souvent réduite à celle de ses monuments, ou à celle d’un paysage urbain harmonieux, soigneusement préservé et esthétiquement cohérent, le plus souvent du fait de l’histoire ou d’un projet urbanistique précis. On tend parfois à accentuer encore cette dimension patrimoniale, en esthétisant de façon plus ou moins heureuse ses rues et avenues, en tentant d’y inscrire, de gré ou de force, des expérimentations artistiques, ou en muséifiant purement et simplement son cœur historique. Il s’agira de débattre de ce que pourraient être une autre beauté de la ville, pensée à partir de ses marges, des ses friches, de ses non-lieux, de ses habitants aussi et de sa vie réelle, par les ressources communes de la poésie, de la philosophie et de l’historie de l’art.

 

Julie Beauté est doctorante en philosophie contemporaine aux Archives Husserl (ENS Ulm, PSL) et ATER au sein de l’UMR ADES (Aix-Marseille Université). Ses recherches, mêlant des analyses philosophiques, biologiques et architecturales, proposent un renouvellement du lien entre architecture et écologie. Elle s’intéresse notamment au rôle des agents humaines et autres qu’humains dans la conception de l’architecture, en s’appuyant sur les humanités environnementales, les nouveaux matérialismes, les épistémologies féministes et la philosophie de terrain. Elle est l’autrice de plusieurs textes, dont le chapitre « Vers des esthétiques situées » de l’ouvrage La Beauté d’une ville, publié par le Pavillon de l’Arsenal et Wildproject en 2021.

 

Agnès Levitte est chercheuse attachée au CRAL (Centre de Recherche sur les Arts et le Langage) EHESS/CNRS. Elle a fait partie des premières équipes du Centre de Création Industrielle du Musée des Arts Décoratifs de Paris, de l’Ecomusée du Creusot et du Centre Pompidou, en tant que responsable de concours et de plusieurs expositions sur le design industriel. Elle a par ailleurs dirigé l’Ecole de design des Pays de Loire, et publié, entre autres ouvrages, Regards sur le design urbain – intrigues de piétons ordinaires, Paris, Le Félin, 2013 et Pour une esthétique de l’ordinaire. Nantes, Les Ateliers de la Recherche en design Publication de l’Université de Nîmes. 2008.

 

Jean-Claude Pinson a longtemps enseigné la philosophie de l’art à l’université de Nantes. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, livres de poésie, récits et essais. Parmi ses derniers titres : Là (L-A, Loire-Atlantique): Variations autobiographiques et départementales – Suivi de Frères oiseaux, Joca Seria, 2018 ; Pastoral, De la poésie comme écologie, Champ Vallon, 2020 ; Sur Pierre Michon, trois chemins dans l’œuvre, Fario, 2020 

Pascal Massiot est journaliste et responsable éditorial de Pop’ média, média nantais citoyen, numérique et coopératif.

©Atelier ter Bekke & Behage

En partenariat avec ARTE et la librairie L’Oiseau tempête

Delgres


Le trio du groupe Delgres présente son deuxième album 4 AM, frontal et profond, évoquant le déracinement, le racisme, l’esclavage moderne et le labeur du monde ouvrier. Un album de l’époque.

Le trio composé de Pascal Danae, Baptiste Brondy et Rafgee, fait son grand retour avec un nouvel album : 4 AM. Quatre heures du matin, l’heure de réveil de bien des ouvriers. L’heure des braves. Un réveil qu’il s’agira de programmer le 16 mars pour découvrir ce nouvel album en profondeur. Un album où Pascal Danae évoque des thématiques très autobiographiques, en replongeant dans son passé et celui de sa famille, « en me reconnectant avec Louis Delgres, héros oublié et sacrifié au nom du combat pour la liberté et contre l’esclavage, retrouver une forme de dignité en tant qu’Antillais qui a eu trop souvent le sentiment d’être un peu comme un émigré invisible. »

Véritable succès public et critique en France, leur premier album Mo Jodi (2018) avait secoué la scène musicale française et valu au groupe une nomination aux Victoires de la musique 2019.

Leur blues/rock fervent et authentique a été largement plébiscité par les médias : Télérama évoquait un « voyage habité par un feeling profond et un groove très rock’n’roll qui mettent en joie », FIP un « blues rock fiévreux et fédérateur » et RFI « un son actuel, entre Tinariwen et les Black Keys ». Delgres, c’est aussi et surtout des concerts généreux et vibrants.

©Boby

 

Histoires de fouilles


Histoires de fouilles est une histoire de plastique : de ses origines à ce que l’on en fait chaque jour, de ses transformations, des avancées qu’il permet mais aussi des problèmes qu’il pose.

Au commencement de ce spectacle, il y a une zone de fouilles et une mystérieuse machine à recycler. Autour de ces zones, des enfants transformés, le temps d’une représentation, en chercheurs-écologues. Ce qu’ils découvrent est le déclencheur d’une histoire que va leur raconter David Wahl. 

Ce projet est né de l’envie de poursuivre l’enquête que l’artiste avait entamée autour des questions environnementales et des relations de l’homme avec l’écosystème, notamment avec Le Sale discours. Cette fois, il adresse sa « causerie » comme il aime à les définir, à un jeune public. Artiste associé à Océanopolis Brest, Centre national de culture scientifique dédié à l’océan depuis 2019, David Wahl est, depuis longtemps, taraudé par les questions environnementales et les enjeux écologiques de notre époque. Rien d’anormal, alors, qu’il crée un spectacle de sensibilisation aux déchets et au recyclage pour les jeunes générations.

©Erwan Floc’h

Nos cœurs en Terre


dans le cadre de P.A.N.G !


S’amusant d’une théorie du XVIIe siècle sur une possible sexualité des pierres, David Wahl et Olivier de Sagazan créent une performance poétique autour de nos origines.

Et si les dernières découvertes scientifiques révélaient des liens inattendus et poétiques entre les espèces minérales et les écosystèmes biologiques ? Au XVIIe siècle, Pierre Borel, anatomiste du roi Louis XIV, assure détenir la preuve irréfutable de la sexualité des pierres. Ce débat, virulent au Grand Siècle, oppose deux camps : ceux qui croient la Terre inerte et ceux qui la pensent comme un organisme vivant. Quelle résonance aujourd’hui, à l’épreuve de toutes les avancées scientifiques ? La pierre et la chair, plus proches qu’on ne le croit ? 

Né au Congo en 1959, Olivier de Sagazan se consacre après des études de biologie à la peinture et à la sculpture. Depuis plus de vingt ans, il a développé une pratique hybride qui intègre peinture, sculpture et performance. David Wahl est auteur, dramaturge et interpète. Il aime à tisser des liens entre des domaines trop souvent séparés : théâtre et science, recherches savantes et récits populaires.

Après avoir fait ses études au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, Gaëlle Hausermann joue au théâtre, au cinéma et à la télévision. Elle travaille depuis plusieurs années avec David Wahl pour les Causeries

©Christophe Raynaud de Lage

++ Retrouvez David Wahl du 13 au 15 mars au Théâtre avec Histoires de fouilles 

 

Kolik


dans le cadre de P.A.N.G !


Hubert Colas met en scène Thierry Raynaud dans une performance-spectacle où la libération de la parole conduit à la purification de l’esprit.

« Qu’est-ce que l’on attend de l’Homme. De cet autre soi qui nous encombre du dedans ? » Hubert Colas

Kolik constitue le troisième volet de la trilogie Guerre, écrite au milieu des années 80 par l’auteur berlinois Rainald Goetz, également docteur en médecine et en mathématiques. Suite à un premier volet consacré à la guerre dans la société contemporaine, un deuxième volet évoquant le conflit dans la sphère familiale, Kolik met en scène l’individu face à lui-même.

L’homme est attablé, seul. Devant lui des dizaines de verres qu’il vide régulièrement. Il s’invective. Il cherche l’Humain en lui. À partir de mots simples, banals, de fragments du langage, surgit la pensée d’un monde qui se décompose, égrenée en différents chapitres : musique, science, travail, lumière… Les mots se bousculent, se répètent comme une loghorrée inclassable. Le comédien Thierry Raynaud livre une performance étonnante et entière, portée par un texte dur pour une expérience fascinante de spectateur.

©Bellamy