Drame
  • DURÉE
    2h
  • ANNÉE
    2022
  • PAYS
    France
  • LANGUES
    VF
  • Sortie nationale

Saint-Omer

d'Alice Diop

CINÉMA JACQUES TATI
  • 1 décembre 2022 à 16h15
  • 2 décembre 2022 à 15h45
  • 3 décembre 2022 à 20h45
  • 4 décembre 2022 à 20h45
  • 5 décembre 2022 à 18h15
  • 6 décembre 2022 à 14h00
  • 9 décembre 2022 à 16h20
  • 10 décembre 2022 à 14h15

Rama, jeune romancière, assiste au procès de Laurence Coly à la cour d’assises de Saint-Omer. Cette dernière est accusée d’avoir tué sa fille de quinze mois en l’abandonnant à la marée montante sur une plage du nord de la France. Mais au cours du procès, la parole de l’accusée, l’écoute des témoignages font vaciller les certitudes de Rama et interrogent notre jugement.

Lion d'Argent à la Mostra de Venise et représentant de la France aux Oscars

Tarifs

plein tarif 6,50€ 

tarif réduit 5,50€

carte 6 entrées 30€ (soit 5€ l’entrée)

– de 18 ans 4€

Casting

avec Kayije Kagame, Guslagie Malanda, Valérie Dréville, Aurélia Petit

Revue de presse

“Prenant comme point de départ l’affaire Fabienne Kabou – une mère abandonne sa fille de quinze mois à la noyade, sur une plage du Pas-de-Calais –, la cinéaste organise la confrontation de son héroïne, jeune écrivaine venue assister au procès, avec le récit que livre l’accusée et qui la confronte à sa propre histoire familiale. À rebours d’un film de procès classique, misant sur l’émotion, l’effroi, l’identification, Saint-Omer insiste, le temps de très longs plans fixes, sur la parole de la mère accusée (son langage, très soutenu, a été source d’un étonnement non dénué de racisme pour de nombreux commentateurs de l’époque), avec un entêtement rêche, sondant au plus près les mots d’une possible vérité. Vérité non pas tant des faits que des affects provoqués par leur surgissement, dans une assemblée composée essentiellement de femmes (la juge, incarnée par la formidable Valérie Dréville, l’avocate, les assesseures).
Dans cette reconstitution à l’os, sans trace de mise en scène ostentatoire, il serait tentant de voir le regard de l’immense documentariste qu’est déjà Alice Diop : direct, pointilleux, méfiant vis-à-vis de toute fioriture formelle. Pourtant, en se plaçant sous les auspices de Duras, en construisant un jeu d’identifications complexe – l’héroïne ne se retrouve pas tant dans la mère criminelle que dans la petite fille sacrifiée –, en invoquant la figure de la Médée pasolinienne, le film défend le pouvoir curatif de notre recours collectif à la fiction, mais aussi sa possible proximité avec la folie. « On ne délire pas sur papa-maman, on délire sur le monde », disait Deleuze. Le film d’Alice Diop a réussi à faire entrer le monde dans la salle close de son procès, à la faire ressembler à une tête trop pleine qu’il fallait vider pour mieux respirer.”
Laura Tuillier, Libération

Bande annonce